Journées de Caen
Candide à Caen : Les journées du luth des 2 et 3 décembre 2006
Les visiteurs, les participants et les organisateurs ont été comblés. Beaucoup de bonheur autour du luth, voilà l’impression qui me poursuit, la fête terminée.
Une solide organisation discrète et sans faille dans un cadre particulièrement adapté : le conservatoire de Caen, bâtiment résolument contemporain, en bordure des tours élancées et des murs imposants du patrimoine historique tout juste avoisinant (les alliés qui ne s’embarrassaient pas en 1944, de frappes chirurgicales, ont effectivement laissé quelques bâtiments remarquables, la reconstruction a (re)fait le reste).
Vaste espace, circulation aisée et calme, des salles parfaitement insonorisées, l’idéal.
Une organisation parfaite gérée avec une particulière et bienveillante attention par un groupe d’hôtes et hôtesses plus dévoués et charmants les un(e)s que les autres, assure le succès du week end. Rassurant les exposants par leur présence et leur surveillance attentive, accueillant et guidant le public tout en contrôlant les flux aux portes des concerts, prenant soin de faire respecter les musiciens et la musique avant tout, on leur dit merci et bravo !
Deux jours, trois siècles de musique
Samedi : la Master class de Jacob Héringman le matin et deux grands concerts en fin de journée encadraient les concerts de l’après-midi plus intimes et tous très intéressants.
Dimanche : « l’office de midi » faisait avec bonheur la césure entre les présentions des classes de luth et les « mini » concerts de l’après-midi avant de conclure par le magnifique concert final.
Essayez de glisser entre ce copieux menu, la visite des exposants, la lecture intégrale des livres de tablature de la SFL, l’exposition des photos de la SFL déployée sur les murs de la mezzanine, enfin un « walking diner » où vos serviteurs ont régalé l’assistance d’un moment de convivialité mémorable. Les photos consultables sur les sites de notre académie et de la SFL tenteront quelques évocations.
Vous désirez des noms, des appréciations : voici d’abord les exposants: nos habituels compagnons de chaque réunion sans qui l’espace ne prendrait pas forme, sans qui la journée organisée perdrait sa géométrie, sans qui le public s’en irait sans ce pétillement de l’oeil qui marque la différence d’avec un simple concert ; la magie opère chaque fois, les questions fusent, le public s’agglutine, les enfants s’extasient devant la magie et la beauté des instruments. Wolfgang Früh, Gwendal Lecorre, Gérard Sambot, Didier Jarny et le toujours très impressionnant stand de notre Renzo Salvador insurpassable.
Une mention toute particulière pour un exposant plus que charmant, qu’une très longue amitié lie à l’organisateur Pascal Gallon, (le deuxième article vous fera mieux comprendre pourquoi.).
La Master class de Jacob Héringman (www .heringman.com). Américain habitant l’Angleterre depuis 1987, recentrage sur la musique renaissance à partir de 1993, collaborateur de nombreux ensembles, soliste, enseignant, on lui doit une série d’enregistrements (voir son site). Promoteur de la technique Alexander (voir son site ou www .stat.org.uk et www.atstudio.co.uk ) . Une leçon d’évidences, ses interventions sur le maintien, la position, le doigté, le phrasé musical… un moment enthousiasmant qui laissait augurer le meilleur pour son concert du soir. Un nom à retenir lors de cette classe : Michel Cordray 17 ans (un nom à retenir !), il a marqué l’assistance par son interprétation très convaincante d’une fantaisie de L. Milan.
Les mini concerts de l’après midi :
Musiques pour luths et guiternes du 14è et 15è S par G. Laplanche, J. P. Bazin et C. Perrin - - luth baroque en Normandie par J. Lefebvre (Mouton & les deux Gaultier) et mon coup de cœur : Alice Perrotte mezzo soprano et J. L. Tamby : lute songs de Thomas Campion, Goudimel, Lejeune, Mauduit : très belle prestation où les textes traduits étaient d’abord récités par la voix envoûtante de Mlle Perrotte sur fond musical. Un moment pour moi d’une grande d’intensité.
Les concerts du soir :
18 h Monodies et polyphonies autour du manuscrit de Bayeux : Claire Lefilliatre, Soprano, Pascal Gallon : luths, A. Daumas –Richardson : percussions, J. Papasergio, E Frank, S Tamby : flûtes à bec et anches renaissance. A voir le regard ébloui du public très nombreux qui émergea à la clôture, j’ai bien regretté mon absence
20h30 : Récital de Jacob Heringman Sienna Ms : Ma déception est à la mesure de l’enthousiasme de la master class. J’y ai retrouvé tout ce qui m’avait déjà interpellé à l’écoute du CD homonyme du concert. Je ne suis évidemment qualifié pour vous donner une analyse pertinente, mais savoir que mon ennui a été partagé par une partie de l’assistance me confirme dans mon jugement.
Le dimanche matin a vu défiler les classes de luth de Caen (P. Gallon et E. Frank), Dieppe (J.L. Tamby), Bernay (X. Cauhépé), Grand Couronne (V. Maurice)… avec le réjouissant constat d’une participation nombreuse de très jeunes enfants déclamant avec spontanéité, leur plaisir d’être de la fête (ce sont les luthistes de demain).
Midi heure difficile, P. Kernoa réussit son office : le luth et le psautier huguenot. Pédagogie interactive, un humour qui tempère l’austérité d’un propos solidement ancré par des recherches très approfondies.
Une belle promenade musicale, des extraits de CD à la prestation personnelle sur un luth magnifique en passant par une salle qui chante… , le révérend Kernoa payant là son obole à Sainte Cécile, dans un subtil mélange de grand savoir et d’une pleine maîtrise de la communication . Ite…
L’après midi m’a vu très bon public, assidu et en bonne résonance avec la passion dégagée par la succession des prestations. Magnifique prestation de PH. Cuny dont la virtuosité m’a comblé (Lorenzino Tracetti, Vincenzo Pinti , Simone Molinaro).
Très belle prestation alliant deux instruments rarement associés : au violon baroque, Diane Chmela et au théorbe Vincent Maurice. (Kapsberger, de Selma y Salaverde, Castello, Uccelini).
La clôture enfin d’un rendez-vous particulièrement réussi. L’apothéose : Airs de cours avec une prestation magistrale du Phalèse Consort avec au chant : M de Coupigny, P. Henry, Th. Nicolle, A. Richard, aux luth : J.L. Tamby, J.M. Poirier, P. Kernoa, T. Meunier, P. Gallon. Du grand spectacle …
Il me reste à vous convier à rechercher les dates des différentes journées du luth des pays voisins et à vous encourager à sortir de chez vous, espérant vous y retrouver autour de cette musique que l’on aime tant. Ces réunions : c’est beaucoup de musique bien sûr, mais aussi retrouver des amis, des connaissances mais peut être et surtout rencontrer à chaque fois, des gens intéressants et passionnés, alors qu’attendez-vous ?
Candide
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